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FIELD NOTES

DOM Monitor Part 2 : mutation XSS et parsing différentiel

Comprendre comment un HTML nettoyé peut changer de sens après sérialisation et reparsing.

Cette note est une lecture théorique du challenge DOM Monitor (Part 2), présent dans la catégorie Web de Hackropole. Elle ne donne ni flag ni recette officielle : elle construit le modèle mental nécessaire pour comprendre la famille de vulnérabilités visée.

L’idée en une image

Un sanitizer lit une phrase, la corrige puis la réécrit. Si le navigateur relit ensuite la phrase avec une autre grammaire implicite, le sens peut changer.

Dans un challenge web avancé, la vulnérabilité est rarement « une ligne ». Elle apparaît quand plusieurs composants n’ont pas la même définition d’une URL, d’un objet, d’une identité ou d’un contenu sûr.

Le modèle technique

Le DOM n’est pas une chaîne. innerHTML sérialise un arbre, puis une nouvelle affectation le parse à nouveau. Les règles spéciales de SVG, MathML, templates et foreign content créent des transitions de namespace où une structure sûre au premier passage peut devenir active au second.

Le réflexe utile est de dessiner les frontières : navigateur, reverse proxy, serveur, worker, base de données, bot. Pour chaque frontière, noter ce qui est parsé, normalisé, validé et transmis.

Indices à chercher

  • Un sanitizer suivi d’une sérialisation DOM
  • Des namespaces SVG ou MathML
  • Un bot qui visite le contenu après plusieurs transformations

Un indice ne devient une preuve qu’après une observation reproductible. Préférer une différence bénigne — code HTTP, longueur, timing, valeur affichée — à une charge complexe impossible à diagnostiquer.

Démarche d’analyse

  1. Tracer chaque étape chaîne→DOM→chaîne→DOM.
  2. Observer l’arbre réel avec le parseur, pas seulement la source.
  3. Réduire le payload à la transition de namespace minimale.
  4. Vérifier la politique CSP séparément.

Travailler avec une matrice aide beaucoup : lignes pour les acteurs, colonnes pour les objets et cases pour les opérations. Les trous de sécurité deviennent visibles lorsque deux chemins censés être équivalents appliquent des règles différentes.

Là où le niveau hardcore commence

Les protections existent souvent, mais au mauvais endroit ou sur une représentation intermédiaire. Une validation de chaîne peut être annulée par le parseur suivant ; un contrôle sur la route racine peut être contourné par une relation ; une propriété nettoyée peut réapparaître via héritage.

La question centrale n’est donc pas « le filtre bloque-t-il mon payload ? », mais : quelle représentation le composant décisif utilise-t-il au moment de prendre sa décision ?

Fausses pistes classiques

  • Raisonner uniquement sur le HTML source.
  • Empiler des balises au hasard.
  • Confondre parsing différentiel et simple oubli d’encodage.

Construire une preuve minimale pour chaque hypothèse. Si trois mécanismes sont testés en même temps, un échec ne dit pas lequel est faux.

Ce que l’architecte sécurité doit en retenir

Éviter les cycles de reparsing, maintenir le sanitizer à jour et préférer des constructions DOM typées.

Les meilleures défenses réduisent le nombre d’interprétations possibles : types stricts, politiques centralisées, sorties encodées selon leur contexte, identités propagées explicitement et accès réseau contraints.

Exercice conseillé

Reproduire le mécanisme sur une application locale minuscule avec deux utilisateurs, deux origines et un seul objet sensible. Ajouter ensuite proxy, bot ou cache. Cette progression révèle exactement à quel moment l’invariant de sécurité se casse.

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